L'incroyable Bingo des mots de Trump, Salvini et Bolsonaro

Depuis 2016, les trois hommes s’amusent à faire un bingo des mots par presse interposée. “Pays de merde” pour l’Américain, “épuration” pour l’Italien, et même “caca” pour le Brésilien.

“Les Brésiliens devraient faire caca un jour sur deux pour protéger l’environnement.” Cette phrase du Président Jair Bolsonaro, dont on douterait presque qu’il ait pu la prononcer, aura probablement conclu le jeu potache auquel se livre les trois hommes depuis plusieurs années avec une victoire par K.O. du Brésilien.

Un bingo secret organisé en 2016 dans la villa de Donald Trump

Alors que le monde s’inquiétait des dérives populistes de ces dirigeants influents de la planète, c’est le soulagement qui prédomine en apprenant qu’il s’agissait en fait d’un simple pari entre mâles dominants. Le jeu secret, conclu à l’occasion d’une soirée foot organisée dans la villa de Donald Trump à Palm Beach en 2016, consistait pour chacun d’entre eux à prononcer une liste de mots aussi improbables qu’outranciers devant la presse.

“Épuration”, “Pas des êtres humains normaux”, “Violeurs”, “Connard”, “Loser total”, voici quelques-unes des phrases sorties de l’imagination fertile des trois dirigeants à l’occasion de cette soirée probablement bien arrosée. Une fois les mots listés, place au tirage au sort: chacun des participants a hérité de cinquante petits papiers, charge à eux d’en restituer le contenu devant la presse au fil des mois. Une seule règle: avoir l’air le plus sérieux possible, malgré la difficulté à ne pas rire.

D’autres participants au jeu ?

Depuis la découverte de la supercherie avec le désormais célèbre “caca de Bolsonaro”, tout le monde y va de ses conclusions à propos de telle ou telle phrase prononcée depuis 2016. En substance: “Bingo ou pas Bingo ?” Est-il vraiment “plus difficile d’éliminer les Roms que les rats” pour Salvini ? Le Brésilien préférerait-il vraiment “voir son fils tué dans un accident plutôt qu’il soit homosexuel” ? Donald Trump pense-t-il réellement que “le concept de réchauffement climatique a été créé par et pour les Chinois dans le but de rendre l’industrie américaine non-compétitive” ? Les pronostics vont bon train. Certains tentent aussi de savoir si d’autres participants n’auraient pas pris part au jeu, que ce soit Viktor Orban le Hongrois, Benyamin Netanyahou l’Israélien ou encore Rodrigo Duterte le Philippin.

Des réfractaires marginalisés

En revanche, l’affaire prend une tournure plus inquiétante quand on apprend que les dirigeants qui s’étaient à l’époque le plus violemment opposés, voire s’étaient moqués des trois hommes, en payent aujourd’hui les conséquences: Rohani l’Iranien, Xi le Chinois, Maduro le Vénézuélien. Tous avaient en privé critiqué ce jeu qu’ils considéraient comme puéril et dangereux. Ils ont reçu en retour menaces de guerre, barrières commerciales et crise financière.

Le jeu entre les trois hommes se poursuivra-t-il ? Établiront-ils une nouvelle liste secrète pour les prochains mois et feront-ils des émules ? Pas certain qu’ils aient très envie de s’arrêter de s’amuser…

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08-13-19 at 12:40:05 pm

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