Les climatomatosceptiques sont de retour

Les rapports du GIET (Groupement international des experts de la tomate) n’y changent rien, les Français sont de plus en plus nombreux à nier la réalité de l’existence des tomates.

On a beau leur en mettre sous les yeux, les climatomatosceptiques que nous avons rencontrés n’en démordent pas : les tomates n’existent pas. Une invention pure et simple des scientifiques pour nous faire peur, un groupement obscur probablement à la solde d’un lobby de la tomate qui agit en secret pour des motifs inavoués car inavouables.

Ils sont de profils différents, cadres, employés, ouvriers, mais tous s’accordent sur une chose : le légume (ou le fruit, pour les puristes) que nous leur montrons n’est pas une tomate. “On veut vous faire croire que c’est une tomate pour que vous en achetiez”, peste en haussant les épaules Michel Heuriaut, un des membres fondateurs de ce groupe qui s’est constitué en association et qui se réunit tous les mercredis soirs à son domicile situé à quelques encablures du jardin des plantes à Paris.

Pour Michel et ses acolytes, il n’y a rien dans la main que nous leur présentons. La tomate rougeoyante et charnue que nous avons achetée nous-mêmes au marché ce matin est invisible à leurs yeux. “Vous voyez ? Ils ont encore réussi leur coup !” poursuit Michel énervé. “Vous êtes tombés dans le panneau. Vous ne voyez pas que vous avez payé pour quelque chose qui n’existe pas ? Il n’y a rien dans votre main !”

Très actifs sur les réseaux sociaux et dans les commentaires d’articles qui traitent du sujet sur internet, les climatomatosceptiques défendent leur cause bec et ongle. Il semblerait que l’affirmation de l’existence des tomates leur pose un problème particulier, que nous avons du mal à déceler. Pourquoi leur mentirait-on et que peuvent-ils donc tant redouter ? Qu’on les force à manger des tomates contre leur gré ? Auraient-ils peur de se transformer en tomate ?

Il se pourrait également que les climatomatosceptiques soient eux-mêmes instrumentalisés (voire financés ?) par les lobbies du concombre ou du radis, jaloux de la réussite de la tomate. Mais nous n’en saurons pas beaucoup plus… Nous repartirons de cette entrevue circonspects et sans réponse à nos questions, mais avec une belle tomate bien rouge que nous nous partagerons sur le chemin du retour, en cherchant encore les motivations qui animent les climatomatosceptiques.

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